rétroluminescence

Cette nuit
Tu n’as pas voulu faire pleuvoir sur moi les paillettes du sommeil
Cette nuit
Je suis de nouveau je le crois un homme parmi la conscience moderne.
Cette nuit
J’ai regardé un documentaire sur la vie – Luchino Visconti
Cette nuit
J’ai écouté les grésillants hymnes rythmiques – Darren J. Cunningham
Cette nuit
J’ai apprécié humainement les joies de l’écran comme un dilettante.
Cette nuit
J’ai dépassé tous mes ancêtres possibles par la rétrospection d’ensemble.

Publicités

FOUCAULT II

Extrait retravaillé et versifié de l’introduction de l’Archéologie du savoir de Michel Foucault.

I.

Le poème a changé sa position à l’égard du poème : il se donne pour tâche première, non point de l’interpréter, non point de déterminer s’il dit vrai et quelle est sa valeur expressive, mais de la travailler de l’intérieur et de l’élaborer : il l’organise, le découpe, le distribue, l’ordonne, le répartit en niveaux, établit des séries, distingue ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas, repère des éléments, définit des unités, décrit des relations.

II.

Pour x dans sa forme classique, le discontinu était à la fois le donné et l’impensable : ce qui s’offrait sous l’espèce des évènements dispersés – décisions, accidents, initiatives, découvertes ; et ce qui devait être, par l’analyse, contourné, réduit, effacé pour qu’apparaisse la continuité des évènements.

Si x pouvait demeurer le lieu des continuités ininterrompues, si il nouait sans cesse des enchaînements que nulle analyse ne saurait défaire sans abstraction, si x tramait, tout autour de ce que les hommes disent et font, d’obscures synthèses qui anticipent sur eux, les préparent, et les conduisent indéfiniment vers leur avenir, – il serait pour la souveraineté de la conscience un abri privilégié.

Ce qu’x entreprend de découvrir, ce sont les limites d’un processus, le point d’inflexion d’une courbe, l’inversion d’un mouvement régulateur, les bornes d’une oscillation, le seuil d’un fonctionnement, l’instant de dérèglement d’une causalité circulaire.

III.

À des yeux que je n’aurais plus à rencontrer,
Labyrinthe où s’aventurer à chaque instant,
Il décline son identité.

Prend distance, établit ses mesures, tâtonne vers ses limites,
Se cogne sur ce qu’il ne veut pas dire,
Non sans dire au préalable : déplacer mon propos.

Creuse des fossés pour définir son propre chemin,
Lui ouvrir des souterrains où se perdre et apparaître,
Lui trouver des surplombs qui résument et déforment son parcours.

IV.

Mais il ne faut pas s’y tromper,
ce qu’on pleure si fort,
ce n’est pas la disparition,
ce qu’on pleure,
c’est la possibilité de ranimer.

سكران

Bouscule tes frères,

Agrippe-toi en spirales,
Aux cages thoraciques qui te résistent.

Tombe-en-tension,
Fais-toi mal,

Ne le sais pas.

Jouer le jeu
De jouer avec le feu
C’est seulement jouer –
C’est seulement jouer.

Jouer le feu
De jouer dans le jeu
C’est toujours blessant –
C’est toujours blessé.

« Dans le démon vainqueur on voit l’ange proscrit »
(Ode Quatrième, I, Victor Hugo)

(Il pleurait si fort, si fort et sans raison)

C’était néanmoins un lendemain chantant et des sourires gratuits.

Langue latine,
Où l’eau clairière,
(Ronde comme la rosée)
Se prononce tranquillement,
Comme de source elle s’écoule
Traversant transparente ses trois minéraux :

e, a, u

Tel des gouttes qui tombent dans une grotte.

e comme l’amour
a comme le voyage
u comme la mort.

« Comme on transforme l’eau d’une source en la prenant dans un verre, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre »

(Paul Eluard, Nuits partagées)

Vulve, verre, verge

Tel un vers de Virgile dans un verger

Vulve qui appelle le chemin,
Verre qui transporte le chemin,
Verge qui maîtrise le chemin,

L’écoulement psychique du flux d’images,
Aux réguliers rythmes psychotropes,
(La mémoire hypnagogée),
Où le rêve retravaille,
A inventer d’encore,
Meilleurs mots.